الأنباط -
Al Anbat– "Le Carrelage ou Lapid ?”
Qui est le plus crédible : le carrelage ou Lapid ? Lecture du modèle de colonisation et de négation historique.
L’ingénieur Zaid Naffa, secrétaire général du parti Azm, dit le proverbe populaire : « S’il devait pleuvoir, le ciel se serait couvert », une métaphore qui décrit avec précision la réalité du conflit arabo-israélien. Depuis plus de sept décennies, aucun véritable nuage de paix n’est apparu dans le ciel de la région, seulement des nuages de mirage politique, dont les Arabes n’ont malheureusement rien récolté de concret.
Aujourd’hui, avec l’érosion du projet de « solution à deux États », les tentatives de judaïsation de Jérusalem et la disparition progressive du rêve d’un État palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967 — selon les convictions et plans israéliens autrefois dissimulés et désormais publics — les opinions populaires arabes tendent à perdre foi dans les discours théoriques. La réalité a prouvé que « ce qui est écrit se lit dès le titre », et que derrière les coulisses se trouvent la force et la vérité.
La confrontation avec "Lapid” à Budapest
Dans le cadre de la révélation de la fausseté du discours politique israélien, je me souviens d’un événement survenu il y a deux décennies dans la capitale hongroise, Budapest, lors de la visite de Yossi Tovey Lapid (de son vrai nom Yosef Tomislav Lapid, d’origine hongroise), alors vice-Premier ministre et ministre de la Justice d’Israël, proche d’Ariel Sharon et père de Yair Lapid, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.
L’audience s’attendait à entendre une "conférence sur la paix et la démocratie”. J’étais présent à la demande d’un ambassadeur arabe, pour deux raisons : d’abord en tant que spécialiste de la politique sécuritaire au Moyen-Orient, et particulièrement du conflit arabo-israélien ; ensuite, pour ne pas laisser la scène sans réponse face à leurs discours.
Devant un large public de diplomates, d’universitaires et d’élites, Lapid a longuement parlé du désir de son pays pour la paix, cherchant à présenter l’image d’un État pacifique dans un environnement hostile.
Lorsque la séance de questions a été ouverte, je n’avais pas demandé la parole, mais le modérateur, le doyen de la faculté des lettres, m’a invité à intervenir. J’ai alors pris la parole pour parler de la paix dans la région, transformant ce moment en une confrontation entre les faits et les discours politiques.
La théorie du "carrelage rouge”
Je me suis adressé à Lapid et à l’audience en disant :
« Les peuples arabes en général, et les Palestiniens et Jordaniens en particulier, s’interrogent sur la crédibilité de votre discours sur la solution à deux États, alors que la machine de colonisation ne s’arrête pas. Vous avalez les terres occupées tous les quelques mois pour y construire des centaines et des milliers de luxueuses colonies, caractérisées par une architecture sophistiquée et des toits recouverts de carrelage rouge luxueux. »
J’ai poursuivi avec un ton politique ironique :
« Si vos intentions de retrait et de création d’un État palestinien étaient sincères, vous devriez déclarer devant cette assemblée internationale que ces villas et complexes résidentiels sont construits pour être remis gratuitement aux Palestiniens dès la signature de l’accord. Mais s’ils sont destinés à l’installation permanente de vos colons, alors votre discours sur la paix n’est qu’une tromperie systématique. »
Conclusion
Celui qui possède le "carrelage” possède la décision.
La confusion de Lapid et le changement de couleur de son visage suffisaient à répondre aux vraies questions du public. Le "carrelage rouge” a révélé ce que les discours diplomatiques ne peuvent pas cacher.
L’investissement massif dans les infrastructures et les constructions permanentes dans les territoires occupés est le véritable message : nous sommes ici pour rester.
Ce que connaît la région aujourd’hui — escalade et absence de perspective politique — n’est pas un hasard, mais le résultat naturel d’une politique de prise de contrôle et d’imposition du fait accompli par la pierre et le béton.
L’époque des promesses verbales est révolue. Les sociétés ne croient pas ce qu’elles entendent, mais ce qu’elles voient construit sur leur terre.
Celui qui frappe à la porte de l’histoire avec des mensonges de paix doit supporter le poids de la vérité.